Jour 53 – De Périgueux à Saint-Astier

 

 

Cinquante-troisième jour – Mardi 28 avril 2015
Parcours :  25,5 km, variés
Hébergement : Château de Puy Ferrat (16€)


 

 

« Rien qu’aujourd’hui, j’établirai un programme détaillé de ma journée et me garderai de deux calamités : la hâte et l’indécision.
Rien qu’aujourd’hui, je ferai au moins une chose que je n’ai pas envie de faire et, si j’étais offensé, j’essayerais que personne ne le sache…
. » – Prière du pape Jean XXIII

Départ vers 8h de notre bel hébergement, ce matin.
Ça ne me ressemble pas vraiment de partir « aussi tôt » mais, mine de rien la chaleur revient, pas trop forte mais bien présente l’après-midi quand même et je veux à tout prix m’en préserver au maximum.

Pour quitter Périgueux, évidemment, il faut se farcir toute la sortie. Je pensais que cela irait assez vite mais que nenni, c’est long…fort long…ça n’en finit pas, même. Tantôt le long d’une grand route, tantôt le long d’un boulevard, tantôt en croyant être sauvé de toutes ces nuisances en rejoignant les bords de l’Isle mais pour bien vite reprendre le long d’une  voie rapide encore plus bruyante et puante que tout le reste rencontré depuis le départ. Pénible, donc.

Après deux heures de marche dans pareil environnement, voici enfin un peu de verdure et de calme qui se profile lorsque je vise une balise m’indiquant un changement de direction, précisément apposée sur un poteau portant une plaque indiquant un arrêt du Péribus. Le même numéro de Péribus que celui qui passait au bout de la rue ou nous avons logé.
Et après ? Qu’aurais-je fait si je l’avais su ?
Me serais-je laissé tenté par paresse ou me trouvant une ‘bonne’ excuse pour éviter tout cet inconfort de la sortie de la ville et arriver plus vite ? Pourquoi plus vite d’abord ? J’ai tout mon temps et c’est précisément un avantage rare. Pour éviter ces désagréments ? Et puis quoi ? Ne font ils pas partie du Chemin avec un grand ‘C’, eux aussi. Ne sont-ils pas là pour me permettre de profiter d’autant mieux d’autres endroits, d’autres moments, justement ?
Réflexion faite, je n’aurai bougonné que quelques instants, la marche au long cours (ou pas, même) a ce formidable avantage, parmi tant d’autres.

Me voilà donc enfin de retour en pleine campagne, au calme et naviguant parmi les jolis sentiers parfaitement aménagés, traversant des paysages de plus en plus vallonnés et variés, sous un soleil qui à fait son grand retour et chauffe déjà bien vers midi.
Je retrouve Daniel et Nadège à Gravelle ou ils s’installaient pour manger un petit morceau sur un muret bordant un joli parc au centre du village. Nous partageons quelques provisions agrémentées de fruits achetés à l’épicerie rencontrée juste en face et par chance, (encore) ouverte.
Après cela nous décidons de prendre un café à la terrasse du bar situé à peine quelques mètres plus bas. C’est encore un de ces bons moments forts conviviaux, de partage, tout en spontanéité comme je n’en ai jamais rencontré sous cette forme et surtout fréquence avant de me mettre en chemin.

L’après-midi est paisible, le long de l’Isle enfin retrouvée, par un joli sentier bien balisé et ou il suffit de toute façon de suivre la rivière, à l’ombre et bordé de hautes herbes et de très beaux arbres alignés sur une rive.
Peu avant d’arriver à Saint-Astier, j’emprunte une passerelle en bois, toute neuve et, semblerait-il, récemment et spécialement aménagée pour les pèlerins qui commencent à être plus nombreux dans la région. Tant mieux et qui plus est elle nous permet d’éviter un long détour en coupant une assez longue courbe formée par la rivière suivie.
Juste après, je retrouve Daniel et Nadège, perplexes et qui reviennent sur leurs pas car ils n’ont plus trouvé de balises en suivant la petite route un peu plus loin. En farfouillant sur le seul et dernier piquet rencontré et capable de porter une précieuse et nécessaire indication un peu en amont, nous découvrons bel et bien la dite et recherchée balise indiquant la direction opposée (évidemment) et cachée derrière une plaque ajoutée par un individu voulant montrer un trajet vers une fête de mariage mais sans aucun intérêt pour nous. De plus cette dernière était encore elle-même partiellement masquée par une branche d’arbuste tout proche. Rien de grave, bien sûr mais aucune chance de l’apercevoir, donc.

Nous entrons dans Saint-Astier qui est un très joli bourg avec de beaux bâtiments très bien entretenus et une très belle vue sur l’Isle en traversant le pont qui nous mène en plein centre-ville. En passant dans une rue, nous remarquons même une balise autocollante qu’un habitant des environs à collée sur sa voiture. Original et utile du moment que sa voiture reste stationnée à cet endroit ou du moins sur le parcours et dans la bonne direction 🙂

Lors de la réservation de notre hébergement du jour, il nous à bien été précisé que le repas du soir n’était pas prévu et qu’il nous faudrait emporter nos provisions car l’endroit est isolé et aucun commerce ne se trouve à proximité, sans quoi il nous faudrait redescendre à Saint-Astier pour nous approvisionner. C’est bien noté et nous faisons nos courses, judicieusement et en nous répartissant la charge dans chacun de nos sacs. Nous démarrons ensuite vers notre gîte du jour. Et ça grimpe pas mal tout au long de ces 2,5 kilomètres restants.
Mais une fois arrivés au dessus de cette côte par un sentier assez accidenté, je ne regrette pas l’effort (comme bien souvent, d’ailleurs).
Après une dernière courbe sur la gauche, se dessine le magnifique château de Puy Ferrat, au beau milieu d’un écrin de verdure, entouré de magnifiques arbres centenaires, majestueux.
Le temps semble s’être arrêté ici, on semble être ailleurs, un peu perdu dans un autre monde. En tout cas ça change radicalement de l’environnement de hier. C’est un des nombreux plaisirs du chemin que ces changements quotidiens. C’est évidemment une loterie mais souvent, on tire un bon numéro. Et ce soir je sens que nous ne sommes pas loin d’avoir tiré le gros lot.
Le cadre est vraiment magnifique, un jeu d’échec géant à été disposé sur les dalles carrées d’une petite cour juste devant l’entrée qui se trouve derrière une ancienne porte très bien restaurée, avant d’entrer dans le château. Dépaysement garanti, je vous l’assure !
La très gentille dame responsable de notre hébergement ne tarde pas à venir vers nous afin d’estampiller nos crédentiales et nous indiquer nos chambres que nous découvrons après avoir gravi deux immenses volées d’escaliers en pierre blanche. Une merveille!
Daniel et Nadège se sont installés dans la grande chambre qui leur à été désignée et la mienne se trouve dans l’enfilade de la leur. Afin de leur laisser toute la tranquillité qui leur revient et vu la disposition des lieux, je suis sur de ne pas commettre d’impair en m’installant finalement dans une autre chambre, juste à côté et munie de deux lits jumeaux. J’aurais aimé poser la question à la dame qui nous as accueillis mais elle à totalement disparu et nous serons visiblement les seuls à loger ici ce soir selon elle. Après tout, un lit défait à gauche ou à droite ne doit pas changer grand chose pour les propriétaires de l’endroit.

Une fois installé, lavé et la lessive faite je pars à la découverte des environs et, sur les conseils de notre hôte, j’aboutis à la chapelle privative du domaine qui vient d’être restaurée entièrement. La aussi, c’est une fameuse découverte. Réalisée avec originalité mais beaucoup de gout, la restauration est vraiment toute fraîche et le lieu très accueillant.
Alors que j’en terminais la visite, en sortant, je retrouve Daniel occupé à chercher du bois mort pour nous organiser une bonne petite flambée dans la cheminée monumentale de la salle à manger car, comme il l’indique très justement, il à beau commencer à faire chaud en journée, les soirées sont encore assez fraîches, surtout dans pareil endroit aux pièces immenses et aux plafonds (vraiment) très hauts. La cheminée est d’ailleurs tellement grande que, en exagérant à peine, on pourrait y brûler un arbre entier!
L’endroit fait également (et surtout, je suppose) chambre d’hôtes toute l’année et au vu du tarif rencontré sur le chemin d’accès réservé aux véhicules, de l’autre côté que celui par lequel nous sommes arrivés, je suis vraiment très content d’être pèlerin, la différence étant d’environ 1 pour 10 avec la chambre que j’occupe !

La préparation du repas en grande partie réalisée par Nadège se fait dans la cuisine jouxtant l’immense salle à manger. L’état du matériel mis à notre disposition n’est pas top tant au niveau de la qualité que de la propreté, par contre. Il nous faut donc commencer par récurer quelque peu les ustensiles et autre casseroles disponibles avant de pouvoir commencer. Mais comme le dit l’adage, « c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes » nous finissons par déguster un très bon repas, assis autour d’une des deux très grandes tables après avoir eu l’embarras du choix quant à la place à occuper, tant ces tables sont longues et les chaises autour, nombreuses.

C’est donc bien à l’aise que nous soupons (« dînons » pour mes compagnons de route du moment) aux places finalement choisies non loin de la cheminée dans laquelle un bon petit feu crépite.

La vaisselle faite, Daniel et son épouse décident de rester encore un peu près du feu pour lire et passer la soirée. Je leur souhaite donc la bonne nuit avant de rejoindre mon lit et de bien rapidement m’abandonner à un sommeil réparateur dans le calme et la majesté de l’endroit.

 

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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4 comments for “Jour 53 – De Périgueux à Saint-Astier

  1. Daniel
    18 février 2018 at 18 h 28 min

    quelle belle journée et que de bons souvenirs en commun effectivement la chaleur était là

    • Le Pèlerin en herbe
      4 mars 2018 at 11 h 07 min

      Effectivement, ce fut une très belle journée mais la chaleur de plus en plus sensible à rendu mes étapes de plus en plus difficiles, surtout lorsque qu’il n’était pas possible gérer plus facilement leur longueur, pas d’autre choix.
      Merci pour ton commentaire, Daniel et à bientôt !
      Olivier 🙂

  2. Luc
    18 février 2018 at 16 h 00 min

    Magnifique souvenir d’une très agréable soirée au château de Puyferrat.
    Notre sentiment fut sensiblement le même dan ce lieu chargé d’histoire : l’arrivée majestueuse, l’accueil, la découverte du château, la cuisine surrannée, et la salle à manger digne d’un roi ! Sans oublier la flambée…

    Hé, Grand, apparemment, on a dormi dans le même lit ! Mais heureusement, pas en même temps ! lol

    • Le Pèlerin en herbe
      4 mars 2018 at 11 h 03 min

      Ha ça alors ! Quelle coincidence car il y en avait du choix, dans les lits disponibles et plus confortables les uns que les autres.
      OUF! Oui, comme tu dis : pas en même temps 🙂

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