Jour 52 – De Sorges à Périgueux

 

 

 

Cinquante-deuxième jour – Lundi 27 avril 2015
Parcours :  23 km, variés
Hébergement : Accueil des Amis de Saint-Jacques (15€)


 

 

« Jésus, tu n’as pas de pierre où reposer ta tête. Mon cœur est une pierre, prends-la ». – Clément Ridard

Il pleuvait encore quelques gouttes lors du départ de ce matin, vers 8h30.
Pas grand’chose mais suffisamment quand même que pour supporter la veste et couvrir le sac.

De nouveau les paysages changent et deviennent encore plus variés et surtout je retrouve de très jolis sentiers bien aménagés et entretenus. Ils sont certes quelque peu boueux mais rien de bien important.
En réalité ils sont parfaits pour bien penser à autre chose au fil des pas et plaisent beaucoup à mes pieds.

Au détour d’un bois je croise quelque chose de tout-à-fait loufoque : un extincteur accroché à un piquet ! La, au beau milieu de nulle part !
Prévention des incendies de forêt, idée originale ou bien nouvel arbre du pèlerin qui approche ? Je n’en saurai jamais rien car aucune explication n’accompagnait l’objet !

Peu après avoir croisé un véritable arbre à balise, en toute fin de matinée, je passe non loin du château de Caussade.
Une petite merveille du 12e siècle, blottie au fond des bois, aujourd’hui propriété privée et magnifiquement entretenu.
L’endroit respire la tranquillité, la sérénité et je me dis qu’il doit faire bon y vivre même si l’entretient de pareil endroit ne doit pas être à portée de toutes les bourses. Et surtout pas de la mienne 🙂

Le parcours de l’après-midi est nettement moins bien balisé et, à plusieurs reprises, j’ai l’impression d’être perdu.
En sortant d’un bois, au bas d’une descente assez marquée et alors que je regarde mon croquis par manque d’indications sérieuses et fiables, une voiture s’arrête. Elle s’était engagée dans le chemin de terre que je viens de rejoindre avant d’atteindre une route asphaltée plus importante. Son conducteur m’interpelle et me demande si je suis perdu. Je dois bien lui avouer que je n’en sais trop rien et il veut savoir par où je vais. Je lui indique mon intention de me rendre à Périgueux et, honnêtement, il ne comprends pas pourquoi le balisage me fait passer par ici. Pourtant les dernières indications filaient bien vers cet endroit. Il réfléchi et puis, oui, en effet, il y à bien moyen de rejoindre la ville en passant par ici, mais ce n’est pas le plus commode, me dit-il. S’ensuivent alors toute une série d’explications au demeurant fort sympathiques, mais qui finissent par m’embrouiller totalement. J’ajoute à cela le fait que j’aimerais trouver un magasin de sport de la marque bien connue et dont j’ai entendu parler de l’existence à Périgueux.
Nouvelles explications dans tous les sens mais qui, heureusement me semblent un peu plus claires. C’est décidé j’irai par cette voie qui sera une variante à celle prévue, ne la rallongera ni ne la raccourcira pas et me permettra de trouver le magasin recherché. Tout bénéfice.

Et de fait, après une bonne heure de marche, j’atteins la périphérie de la ville. Moche, avec ses zoning commerciaux, sa circulation, son bruit, sa pollution, enfin tout ce qui caractérise une grande ville de nos jours. De plus, rien ou pas grand’chose n’est prévu pour les piétons ! Il me faut bien souvent longer de grandes bandes de circulation bordées de hautes bordures en béton ou de rails métalliques de protection pour les voitures, me retrouvant littéralement coincé entre les deux lorsque l’une d’entre elle ou un camion décide passer comme si il n’y avait personne.
Heureusement cela ne dure pas et je finis par atteindre sans encombre le parking du magasin à l’enseigne bleue.
J’entre dans le dit magasin. Regards éberlués des vendeurs et vendeuses qui, dirait-on, n’ont jamais vu quelqu’un porter les vêtements qu’ils vendent pourtant bien ici aussi. Je me renseigne pour pouvoir laisser mon sac en toute sécurité à l’entrée sous leur surveillance et me met à la recherche du rayon requis. Que je finis par trouver, munis des articles recherchés. Chouette!
Comme le dit très bien la chanson, les kilomètres à pied, ça use les souliers. Mais aussi tout le reste et particulièrement les boxers qui, à force d’être portés, lavés, tordus, rincés, séchés ont fini par se déformer et même ne plus avoir du tout la fonction anti-friction recherchée.
Avec la très amicale collaboration de Pascal de Reims qui m’en à envoyé de tous neufs en poste restante ici même à Périgueux, je pensais en avoir un stock suffisant mais je me suis aperçu que j’en ai oublié lors d’une étape et, par crainte de ne plus retrouver aussi facilement un magasin adéquat par la suite, j’ai décidé de profiter de celui-ci, particulièrement bien situé sur le parcours, afin d’en prendre une petite réserve supplémentaire. Légers, ils se caleront facilement au fond de mon sac pour en ressortir au moment opportun.

Je quitte la zone commerciale en m’empressant de rejoindre le fleuve tout proche, l’Isle, qui me mènera « tout droit » vers ma destination du jour.
Le gros avantage en empruntant cet itinéraire est que je peux poursuivre quasiment à plat sur de jolis chemins de halage parfaitement aménagés, paisibles, verdoyants et réservés aux piétons et aux cyclistes.
Mais aussi et surtout d’entrer dans Périgueux en apercevant petit à petit sa cathédrale qui se dessine de plus en plus précisément au milieu de la ville, et que je découvre au fil des méandres de l’Isle. Une merveilleuse entrée que celle-ci et qui m’en fait bien vite oublier les abords peu réjouissants.

Après une bonne heure de marche, je quitte les bords aménagés du fleuve pour entrer dans la ville qui m’accueille avec de très beaux bâtiments de pierre claire et lumineuse. Je ne mets pas longtemps à retrouver un balisage jacquaire qui à pris la forme de coquilles de bronze fixées dans le sol, comme bien souvent dans les dernières villes traversées.
Je trouve la cathédrale Saint-Front très facilement. Une entrée est même prévue pour les pèlerins et je finis par arriver au petit bureau qui est réservé à l’estampillage de ma crédentiale. Rien de moins!
L’accueil est chaleureux et je suis invité à visiter l’édifice qui se révèle être une merveille. Toutefois les très nombreux visiteurs qui s’y trouvent et le manque de respect pour le lieux de certains d’entre-eux ne m’incite pas à y rester bien longtemps. Je reprends le chemin vers le l’hébergement du jour qui se trouve à l’opposé, vers la sortie de la ville. Bien entendu, je fais un passage au bureau de poste afin de récupérer l’envoi gentiment organisé par Pascal. Me voilà équipé pour poursuivre mon périple, du moins au niveau de cet accessoire indispensable.

Il me fut assez facile de trouver le refuge pèlerin de Périgueux également. Un ensemble d’appartements avec une belle plaque dorée, une sonnette, un interphone, un ascenseur, enfin plein de choses plutôt inhabituelles sur le parcours.
La dame qui assure la permanence est vraiment très gentille et nous explique tout ce dont nous disposons et comment nous pouvons nous organiser pour passer le meilleur séjour possible. C’est très agréable.
J’y rejoins Daniel et Nadège arrivés déjà depuis un bon moment, ainsi que Maurice que je retrouve après quelques jours.
L’appartement est vaste et chaque grande chambre à été équipée de plusieurs lits, mais comme nous ne serons pas beaucoup, nous pouvons chacun avoir notre propre chambre et nous y installer confortablement.

Après le rituel traditionnel, je décide d’aller visiter l’église Saint-Martin toute proche car le centre ville, bien que vraiment très beau, me semble déjà assez éloigné et je préfère ménager mes pieds, surtout en portant des sandales légères.

Vient ensuite le très bon repas préparé par Nadège, et que nous partageons avec Daniel. Maurice ayant déjà mangé bien plus tôt son plat du jour acheté en route, il est occupé à visionner un film ou un documentaire sur sa tablette dans sa chambre. Encore une fois nous passons un très bon moment autour de cette table en discutant de notre journée, du parcours et des événements rencontrés.
Après la vaisselle, je choisis de rejoindre ma chambre, moi aussi, afin de notamment prendre quelques nouvelles de ma petite femme qui semble aller un peu mieux.

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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