Jour 49 – De Saint-Martin-le-Vieux à Saint-Pierre-de-Frugie

 

 

 

Quarante-neuvième jour – Vendredi 24 avril 2015
Parcours :  23 km, chauds et durs
Hébergement : Refuge municipal (12€)


 

 

« Dans la paix moi aussi je me couche et je dors car tu me donnes d’habiter, seul, dans la confiance. » – Psaumes 4,9

Une bonne nuit de sommeil, enfin !
Et qui plus est, un solide déjeuner avant d’entamer la journée.

Ça démarre bien, trop bien en fait, car à peine ai-je quitté la table que mon téléphone sonne.
C’est la propriétaire de l’endroit ou je devais loger ce soir qui m’appelle car il ne sera finalement plus possible de m’héberger pour je ne sais quelle raison plus ou moins étrange ! Mince alors !
Avant de partir, je voudrais vraiment être certain de pouvoir aboutir quelque part, les hébergements étant certes un peu plus nombreux qu’au début de mon parcours, il n’en restent néanmoins assez rares par endroit alors que certaines places en débordent presque. Soit.
Me voilà cherchant frénétiquement dans mon guide, m’imposant je ne sais quelle pression absurde et totalement inutile, tout compte fait. Du calme, Olivier !
Il me faudra quand même une bonne petite heure pour finir par trouver quelque chose qui entre dans mon budget et qui, surtout, soit à une distance acceptable. Ouf! C’est fait, tout va bien.
Mais oui, tout va bien, on fini toujours par trouver une solution, je dois l’apprendre et m’y fier.
Apprendre à faire confiance, en fait et tout simplement.

Enfin, me voilà parti. Je quitte ce bel endroit qui m’a permis de reprendre un peu du poil de la bête, comme on dit par chez nous. Il fait bien gris ce matin et le ciel menaçant n’augure rien de trop bon.
Qu’importe, c’est aussi cela vivre dehors et cheminer, accepter de se faire rincer, geler, cuire, refroidir et parfois même crapahuter sur un beau chemin ombragé, confortable avec une vue magnifique et des températures acceptables. Ça arrive aussi.
Aujourd’hui, par contre ce sera goudron et son amie asphalte toute la journée. Très pénible pour les genoux, les jambes, les chevilles.
Je croise quelques plaques de hameau bien pittoresques, ce qui agrémente le parcours : « Les Chenilles », « Beausoleil », « Lascaux » (pourtant sans grottes), « Les cars », pour n’en citer que quelques uns.
Ce qui frappe également ce sont les noms de villes et villages se terminant par « AC » qui commencent à apparaître un peu partout, doublé de leur traduction en dialecte local.

En traversant Flavignac, je longe un parterre de hautes plantes en fleurs et dont l’odeur me rappelle je ne sais quoi de connu mais que je n’arrive pas à associer à une plante. Quelques mètres plus loin, ça y est ! Cette odeur caractéristique est celle du macaroni au gratin. C’est quand même fou, ça! Et du coup, midi approchant, je me met à la recherche d’un petit quelque chose à manger. Ce que j’ai peur d’être difficile vu la taille du village traversé, s’avère finalement assez simple car une petite supérette est justement présente sur la placette et, chance supplémentaire, elle est ouverte.

Quelques mini emplettes plus tard, je m’installe un peu plus loin sur un muret bordant le parking devant la mairie.
Il fait toujours couvert, donc pas besoin de chercher de l’ombre pour s’asseoir et n’importe ou, ce sera parfait.

Aussitôt fait, je me remets en route tranquillement et ne tarde pas à traverser le village de « Les Cars ». Curieux nom qui doit probablement venir d’un je ne sais quoi de résidu très ancien et qui n’est pas forcément en lien avec le moyen de transport. Mais c’est rigolo quand même.
Une très belle église romane marque le milieu du village et, chance, elle est ouverte et vaut la visite.
Parfaitement entretenue elle dégage en plus une belle énergie qui apaise en même temps.

Un peu plus loin, juste avant de quitter le village, je croise les ruines du château de Lastours.

Le ciel tend à s’éclaircir quelque peu et on dirait bien que je pourrai échapper à la pluie, du moins pour le moment.
Un très beau lac entouré de forets m’accueil ensuite. Il est suivi de peu, juste à l’entrée d’une allée menant à un propriété privée de deux immenses cyprès que j’avais déjà remarqués de loin. Ils sont vraiment impressionnants!

Je rejoins alors une grand route, la D20, bien nommée « route de la coquille » qui m’emmène vers Bussière-Galant que je traverse rapidement. Le soleil à fait un franc retour à présent et il chauffe sérieusement en ce début d’après-midi.
Après avoir traversé le pont surplombant la voie ferrée, la route entame une pente douce qui me permet d’entrer en région Dordogne, quittant donc la Haute-Vienne pour de bon.

Après deux heures de marche, vers le milieu de l’après-midi, me voici arrivé à Saint-Pierre-de-Frugie ou je m’arrêterai aujourd’hui.
L’endroit que j’ai réservé n’est pas fort bien indiqué mais je finis par trouver une petite plaque qui en indique la direction. Le village n’étant pas bien grand, j’en sors légèrement et je parviens, en haut d’une petite côte, au refuge municipal au beau milieu d’une prairie relativement bien entretenue et bordant un étang.

Un autre marcheur y est déjà présent, mais ce sera le seul et nous partagerons le dortoir de six places tous les deux.
Je fais donc la connaissance de Maurice, un sacré personnage.
Il parcourt juste une partie du chemin vers Compostelle car il ne dispose pas de beaucoup de temps. Il me raconte également comment se déroulent ses journées et que, une fois arrivé à l’étape il aime bien regarder un film ou un documentaire sur son mini-pc portable. Et pour le moment, il est captivé par un documentaire sur les bienfaits de l’urine. Oui, ça m’a fait le même effet que vous, je suppose.
Je l’écoute poliment mais, franchement, ça ne me passionne pas vraiment et une fois la conversation terminée, la douche prise et la lessive mise à sécher sur un minuscule séchoir à l’extérieur, je pars explorer le petit village qui est vraiment très accueillant, propre et assez pittoresque avec ses nombreuses maisonnettes en jolies pierres couleur crème.
Lors de mon parcours, je découvre un petit magasin bio dans lequel je décide de passer ma curiosité et tenter de dénicher l’une ou l’autre chose pour mon repas du soir. La tenancière est très gentille mais n’a malheureusement rien de vraiment formidable à proposer pour un repas tel que je voudrais le faire. Je ne voulais pas grand chose mais le refuge ne propose aucune vaisselle et nous n’avons pas accès à la cuisine qui s’y trouve. Et comme manger des conserves froides, même bio ne me tente guère, je lui demande si elle n’aurait pas un endroit à me renseigner.
Nous entamons la conversation et elle m’explique que elle aussi à été pèlerine quelques années auparavant, elle ne comprend que mieux ma démarche.

Le joli petit restaurant qui m’a été renseigné se trouve à quelques dizaines de mètres de son magasin. Il semble fort sympathique et propose un plat du jour, même le soir, à un prix défiant toute concurrence. C’est donc à une table de cette adresse unique et fort heureusement présente que je m’installe pour déguster une part de tourte maison avec un verre de vin, salade du jardin, le tout précédé d’un potage et suivi d’un café. C’est parfait, juste ce qu’il me fallait.

Il n’est pas encore très tard lorsque j’en sors et je décide d’encore un peu me balader dans les petites rues très calmes de l’endroit, avant de retrouver le refuge, rentrer mon linge parfaitement sec et mon compagnon de chambrée qui semble terriblement captivé par son documentaire du jour et que je laisse à son occupation.

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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