Jour 42 – De Gargilesse à Crozant

 

 

 

 

Quarante-deuxième jour – Vendredi 17 avril 2015
Parcours :  18km, vallonnés et variés
Hébergement : Gîte Municipal (10€)


 

 

« Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement, même si les circonstances prouvent le contraire, que la bonne Providence de Dieu s’occupe de moi, comme si rien d’autre n’existait au monde.
Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau, et de croire en la bonté ».
 – Prière du pape Jean XXIII

Ce matin, en sortant de mon petit bungalow, voilà qu’il tombe une petite pluie toute fine.
L’avantage est que l’air est nettement plus frais et plus respirable, ça fait du bien !

Je décide de m’arrêter à la petite auberge de hier soir histoire de voir si il n’existerait pas une possibilité d’y déjeuner.
La possibilité existe bien, mais malheureusement ce ne sera pas possible tout de suite car je n’ai pas réservé la veille.
Angela me propose d’attendre car son mari pourrait me le préparer mais il me faudra patienter environ une demi-heure pour être servi. C’est fort gentil, mais ce sera trop long, cela reporterait mon départ d’encore environ une heure en tout et je préfère démarrer. Non sans avoir pris un bon café qu’elle insiste pour m’offrir ainsi qu’un deuxième, juste après. Hospitalité et gentillesse,  quand tu nous tiens !

Peu après la sortie du camping, je suis une jolie route forestière sur quelques kilomètres et marque une petite pause dans un village, à l’abri du porche de la salle des fêtes, en face de l’église, pour y grignoter un biscuit mais aussi le dernier œuf en chocolat d’un lot apporté par ma petite femme lors de notre dernière rencontre, à Vézelay.
Il fait nettement plus frais, la marche redevient un plaisir et, mise à part une certaine fatigue que j’associe au manque d’habitude de la marche au long cours, ça va mieux.

Je quitte ensuite la route pour un sentier, de nouveau bien balisé, qui s’enfonce dans les bois et serpente régulièrement pour finalement plonger vers la Creuse qui coule, à cet endroit, bien plus bas.
La descente est vraiment vertigineuse et mieux vaut y aller prudemment pour ne pas perdre l’équilibre avec le sac à dos qui modifie sensiblement le centre de gravité de l’individu. D’autant que cette fine pluie à tendance à compliquer les choses en rendant le sol assez glissant. Le bourdon m’aide bien et me sauve de la dégringolade à une ou deux reprises.

Arrivé dans le fond, sur le bord de la rivière, je remarque un panneau indiquant le haut du sentier duquel je sors et qui porte la mention ‘Chemin du Cassecou’. On peut dire qu’il porte bien son nom, celui-là!

De l’autre côté, la vue sur un lac est splendide et je m’arrête pour prendre une photo.
J’ai à peine terminé lorsque j’entend des pas derrière moi. Je finis par distinguer un autre marcheur qui me suivait de vraiment pas très loin, finalement. Il m’apostrophe et nous entamons la conversation.
J’apprends qu’il s’appelle Patrick, qu’il est bourguignon et qu’il fait partie d’un groupe de trois amis qui, eux aussi vont vers Compostelle.
Ce soir ils feront également étape à Crozan.

Apparemment il a bien distancé ses compagnons de route et nous nous remettons en marche sans les attendre, sur ce sentier bordant toujours la Creuse. Plus loin un passage délicat nous fait hésiter sur le meilleur itinéraire à emprunter car le sentier n’est plus dessiné très clairement. Patrick prend sur la gauche, un peu à travers quelques broussailles et je décide de prendre plus sur la droite, via quelques grosses roches plates tout au bord de l’eau. Je me doute qu’elles doivent être glissantes mais l’appréhension ne fait pas toujours la raison et à peine deux pas plus loin, voilà que je me retrouve par terre, à la limite de l’eau. Malgré une belle entaille dans la main gauche (que je ferai passer pour une lutte avec un ours, juste pour rire) je trouve que je m’en tire bien car j’aurais pu voler dans la rivière et être entièrement trempé, sac à dos et son contenu compris.

Patrick m’ayant entendu tomber, s’est retourné pour savoir si tout allait bien avant de poursuivre sa route. Ça va, oui, mais je me demande si je ne me suis pas fait mal au dos quand-même. Il n’y a rien de grave et cela ne m’empêche de toute façon pas de continuer 🙂
Après un sentier étroit bordé de grandes herbes au milieu de pâturages, nous regagnons la route qui nous mène vers Cuzion. En marchant, Patrick me parle d’un québécois rencontré quelques jours auparavant et il est totalement stupéfait que je connaisse Larry, rencontré pour ma part à Vézelay.
Nous mangeons un morceau sur la place du village et Patrick décide d’appeler Larry, qu’il me passe au téléphone. Lui aussi est bien surpris de m’entendre et ce contact avec lui me fait fort plaisir et beaucoup de bien.

Il reste de la route et nous nous remettons en chemin assez rapidement.
Nous longeons, légèrement en contre-bas, une départementale qui vient d’être fraîchement goudronnée et enduite de gravillons. Les voitures roulant assez vite malgré la limitation de vitesse, je sens à plusieurs reprises des petits projectiles venir me percuter. Tant qu’il s’agit des jambes ou le torse ça peut encore aller mais alors que notre piste descend quelque peu sous l’assiette de la route, les dits projectiles finissent par atterrir au niveau du visage. Prudemment, je me protège donc les yeux à chaque passage de véhicule et bien m’en prend car je sens à plusieurs reprise les petits cailloux venir me piquer la main !

Après une jolie grimpette, sur une belle petite route de campagne nous atteignons Crozan et notre gîte spécialement réservé aux pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, comme le mentionne la pancarte 🙂

Avec Patrick, nous poussons jusqu’à la mairie ou se trouve la clé qui nous permettra de nous installer pour la nuit.
Aussitôt rentrés dans notre hébergement, voilà ses deux compagnons qui arrivent et je fais la joyeuse connaissance de Henri et de Christiane. Voilà un beau groupe qui se forme, tiens. Cela me fait plaisir et du bien de ne plus être seul, j’en ai besoin pour le moment.
Après une bonne douche, la lessive et puis quelques emplettes à l’épicerie du village nous rentrons nous préparer un repas commun, que nous partagerons dans la bonne humeur.

J’ai acheté un nouveau savon. Pas d’autre choix dans cette petite boutique que ce modèle énorme par rapport à la boite de transport que j’ai emportée. Il me faudra bien ruser pour arriver à l’user sans en gaspiller (de trop)  🙂

Le gîte n’est pas extraordinaire et les lits sont littéralement défoncés mais ce genre de détails passent bien après une ambiance aussi chaleureuse et tant de convivialité.

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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2 comments for “Jour 42 – De Gargilesse à Crozant

  1. Luc
    19 janvier 2018 at 17 h 42 min

    Bonjour Grand !
    Te voilà revenu sur la route que j’ai moi-même empruntée, et des paysages que je retrouve.
    La petite voiture, enfin, l’épave, au milieu des bois, par exemple, je me suis longtemps demandé comment elle était arrivée là, et si elle avait été le théatre d’un drame.
    Et puis surtout, quelle joie de revoir Patrick et Henri !

    • Le Pèlerin en herbe
      22 janvier 2018 at 13 h 40 min

      En effet, Grand, nos chemins vont bientôt se rejoindre pour le meilleur et pour le…rire 🙂
      Merci pour ton suivi et ton commentaire !

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