Jour 39 – De La Petite Preugne à La Châtre

 

 

Trente-Huitième jour – Mardi 14 avril 2015
Parcours :  26 km, long et trop chaud
Hébergement : Presbytère de La Châtre (10€)


 

 

« Lorsque cela semble difficile, souviens-toi que nous ne sommes pas appelés à réussir mais à être fidèles ». – Mère Téresa

Quitter la Petite Preugne et des personnes en or comme le sont Monique et Pierre, c’est un véritable déchirement!
Honnêtement j’en ai gros sur le cœur en partant de chez eux.
Ces endroits qui font du bien quand le moral n’est pas au top, c’est ce qu’il faut pour continuer. Mais c’est dur.
J’ai vraiment du mal ces derniers jours.
Est-ce la taille des étapes, pourtant pas vraiment hors gabarit ?
Est-ce la chaleur qui m’accable depuis une semaine maintenant ?
Est-ce la distance qui m’éloigne un peu plus chaque jour de la maison ?
Est-ce l’inconnu que je découvre chaque jour ?
Est-ce cette situation inhabituelle, nouvelle et totalement inconnue, qui me pousse dans mes réserves, hors de ma zone de confort, me confrontant un peu plus chaque jour avec moi-même, en pleine découverte ?
Est-ce un peu de tout cela ?  Sans doute. Certainement, même.
Ce n’est qu’en écrivant ces quelques lignes que je puis m’en rendre compte car, sur le moment, je peux vous assurer que je n’en mène pas large.

Le déjeuner était extraordinaire : sept sortes de confitures maison, du pain frais maison, lui aussi, brioches, fruits et Monique qui m’a préparé des œufs cuits dur, des tomates et des mandarines pour la route. Adorable.

En route, je m’arrête à Chateaumeillant où j’ai pu prendre rendez-vous chez une pédicure qui pouvait me recevoir afin de faire un entretient de mes précieux pieds, surtout en ce moment. Je ne voudrais pas laisser aller trop loin un ongle qui s’incarne, comme d’habitude, et surtout sans savoir ce que j’aurai comme possibilité de le faire examiner plus loin alors que la situation aura peut-être empiré.

Je repars de là, donc et ne suis pas à l’avance. J’ai encore démarré à 9h, je viens de ‘perdre’ une heure et je dois arriver avant 18h à la destination du jour.
Sachant que je marche moins vite, vu la chaleur et la fatigue, ce n’est pas gagné. On verra bien, de toute façon.

La chaleur monte et frôle désormais les 30°c en début d’après-midi.
Ajouté à cela l’effet de l’asphalte qui me renvoie la chaleur au visage, je peux vous assurer que je cuis aussi bien par le haut, que par le bas… Je suis d’ailleurs très content de porter un pantalon long qui me protège parfaitement sans pour autant tenir trop chaud. Quoique.

Je croise quelques très belles églises et avec chance l’une d’entre elles était ouverte.
Ces quelques minutes de prière et de méditation au frais me font le plus grand bien pour poursuivre ma route.

Je traverse le village de ‘Lacs’ qui n’en comptait pas un, avant de monter vers La Châtre, étape du jour ou je passe à côté du musée consacré à George Sand.

J’arrive tout juste avant la fermeture de la permanence du presbytère, ouf !
La dame qui s’en occupe me propose gentiment un verre de limonade à mon arrivée.
En m’expliquant comment fonctionne l’endroit, elle m’invite à m’asseoir en face du bureau ou elle officie, pendant qu’elle se rend dans la cuisine toute proche pour prendre la bouteille de boisson sucrée.
Une fois revenue, elle attrape un verre dans une armoire improbable qui se trouve juste à côté de nous, et le pose devant moi. Par reflex, j’y jette un coup d’oeuil rapide et qu’elle n’est pas ma surprise en remarquant un joli fond de poussière ou de je-ne-sais-quoi de collé au fond de celui-ci !
J’ouvrais la bouche pour demander si il serait possible de rincer le verre (je ne suis pas difficile, mais quand-même 🙂 ), que voilà la limonade orange qui rempli le verre !
Par chance, le fond semble être resté en place et je ne vois rien qui nage dans le breuvage.
Néanmoins je ne boirai pas l’entièreté du contenu, préférant laisser un centimètre orange-douteux dans le fond du verre 😀

La dame m’accompagne à l’étage ou se trouve le petit dortoir. Ça y est le mot est lâché! Désormais, je pense que dormir en chambre individuelle sera un luxe que je ne rencontrerai plus au quotidien.
La différence par rapport au confort de la veille est notable.
Mais qu’importe, cette découverte fait aussi partie du Chemin et m’apprendra probablement de nombreuses choses sur moi-même…et les autres.

En entrant dans la pièce, un homme et une femme sont déjà présents et installés.
Enfin, la dame pas tout-à-fait. Elle à quelque peu défait son sac et est occupée à passer des coups de téléphone, quelque peu énervée.
Ça y est, elle raccroche et nous nous présentons, elle s’appelle Evelyne et n’est visiblement pas satisfaite de l’endroit où nous sommes, c’est pourquoi elle vient de se réserver une chambre dans un petit hôtel de La Châtre. Aussitôt fait, elle referme son sac et s’enfuit.

Je choisis le seul lit simple qui ne soit pas superposé, comme ceux présents dans le fond du dortoir.

Nous restons donc tous les deux et je fais connaissance avec Alain. Il à déjà pris sa douche et est occupé à mettre sécher sa lessive sur un petit étendoir mis à notre disposition.
Je fais de même, puis j’entame la conversation et nous discutons joyeusement jusqu’à l’heure du repas que nous décidons de partir chasser ensemble, en en profitant pour visiter un peu la ville qui semble bien sympathique.

Ce sera une pizza, ce soir. Très bonne au demeurant et servie par une très gentille dame avec laquelle nous discutons un peu. En parlant avec Alain, il m’apprend qu’il à été médecin homéopathe pendant toute sa carrière, en Suisse, juste à la frontière avec la France. Il est pensionné depuis seulement deux semaines et il était tellement impatient de marcher qu’une fois sa dernière consultation effectuée, il à endossé son sac à dos et s’est mis en route !
Il est aussi responsable du balisage d’une partie du sentier vers Compostelle qui part de Suisse et rejoint le chemin partant du Puy-en-Velay.
Il est parti tellement vite qu’il à encore bien des formalités à remplir pour obtenir son droit à la pension et qu’il devra donc interrompre son chemin afin de retourner régler ces paperasses.

Il n’en est pas à son coup d’essai car il est notamment passionné par la culture japonaise et à déjà presque parcouru l’entièreté du pèlerinage des 88 temples sur l’île de Shikoku. Il parle d’ailleurs couramment la langue et ne manque pas une occasion de s’y rendre. Je suis impressionné.
Son discours est tellement vivant que je ne peux que visionner cette île et ce qu’il me raconte, à la manière d’un film,  imaginant des paysages si différents de ce que nous connaissons par ici, une toute autre culture, un autre esprit, d’autres gens, d’autres mentalités… Fabuleuse rencontre, tellement enrichissante.

Après notre repas, nous reprenons le chemin de notre hébergement et croisons Evelyne qui semble avoir trouvé son bonheur pour se loger ce soir.

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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2 comments for “Jour 39 – De La Petite Preugne à La Châtre

  1. Luc
    17 janvier 2018 at 9 h 25 min

    Sacré Alain ! Je l’ai croisé aussi, à Limoges.
    Un personnage, passionnant dans son discours, et à l’expérience hors norme ! A l’instar de son pèlerinage au Shikoku, dont il m’a longuement parlé également…

    Ah tiens petite parenthèse humoristique : une limonade orange, ça ne s’appellerait pas une orangeade? 😉 lol

    Bizz, Grand, et à bientôt !

    • Le Pèlerin en herbe
      17 janvier 2018 at 17 h 43 min

      Une très belle rencontre, effectivement !
      Rhoolalaaa toujours le mot pour rire, Maitre Capello 🙂
      En effet, mais ici la couleur ne correspondant pas (plus) vraiment au gout, ou l’inverse, je n’ai pas osé me prononcer 😀
      A bientôt, avec plaisir, Grand 😉

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