Jour 33 – De Premery à Nevers

 

 

Trente-troisième jour – Mercredi 8 avril 2015
Parcours :  32 km, longs mais pas trop difficiles
Hébergement : Centre Sainte-Bernadette (27€ DP)


 

 

« Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire. » – Bernadette Soubirous au curé de Lourdes après ses apparitions de la Vierge Marie à la grotte de Massabielle.

 

Parti de bonne heure ce matin, vu la longueur inhabituelle de mon étape.
Il fait beau, sec et lumineux mais pas (encore) trop chaud.
C’est donc parfait.

Je traverse de merveilleux paysages sur lesquels s’éparpillent de jolis petits hameaux.
Par moment le regard porte assez loin et il n’est pas rare de voir une file de marcheurs composés des membres du groupe que je retrouve maintenant chaque soir depuis Vezelay.

Cette lumière qui change doucement donne tout son charme à la région déjà fort agréable.

Aujourd’hui je suis gâté car ma passion pour le chemin de fer est comblée alors que je longe la magnifique petite ligne Clamecy-Nevers, en pleine rénovation. Quel sens pratique ils ont en France, quand même, avec la préservation de ce genre de lignes qui doit rendre de fameux services aux habitants des environs. Certains politiques chez nous feraient bien d’en prendre de la graine…

Bon, cette parenthèse mise à part, je commence à trouver l’étape, bien que variée, assez longue aujourd’hui.
Au-delà de 25 km, je me rends compte que j’ai assez de mal pour terminer.
Si c’est exceptionnel, ça va, mais lorsque ce genre d’étapes s’accumulent et que je ne parviens pas à récupérer d’une à l’autre, ce n’est pas facile. En général, je le ‘paie’ un jour ou deux après. Et pas vraiment possible de faire autrement.
Il faut composer avec, mordre sur sa chique comme on dit et dépasser ses limites.

Mon sac à dos de remplacement (le rouge) était devenu une véritable plaie à porter, comme je l’avais déjà dit. Les réglages sautaient dès que je le déposais, et même parfois en marchant, alors j’en ai eu marre et j’ai demandé à ma petite femme de me rapporter l’original lors de notre dernier rendez-vous à Vezelay. Je ne pense pas l’avoir dit à ce moment. Ouf! Quel changement, quelle satisfaction, quel confort! Et tant pis pour cette attache cassée que j’ai rafistolée avec les moyens du bord à Doische, réparation que j’ai consolidée chez Pascal à Reims et qui semble tenir correctement depuis lors.
Confiant, je me dis que cela pourrait fort bien tenir jusqu’au bout. Pourquoi pas ! En attendant, je ne le sens plus et mes épaules, mes hanches et mon dos ne finissent pas meurtris à chaque arrivée.

Me voici donc approchant de Nevers. Grande ville, visiblement. Je n’aime pas, mais elle fait partie du voyage. Et puis, qui sait, ce sera peut-être agréable au final.

Ce qui l’est de moins en moins par contre, agréable, ce sont ces kilomètres d’asphalte que je mange chaque jour depuis bientôt une semaine. Un jour ou deux ça va encore mais là pfffff :-/
D’autant que la chaleur commence à se faire sentir, car oui, mine de rien j’avance et je commence à sentir quelque peu la différence au long de certains jours. Mais bon, allez, je ne suis pas là pour me plaindre et tel est le chemin.

Arrivé à Nevers, l’impression est finalement agréable, il faut dire qu’arriver dans une ville avec le soleil ça change beaucoup de choses, quand-même.
Je logerai à l’accueil Sainte Bernadette qui me semble tout indiqué. Pour y parvenir je traverse un parc fort sympathique ou gambadent de nombreux bambins et leurs parents ainsi que de nombreux étudiants. Eux ne gambadent pas mais bronzent et lézardent en discutant en groupes, flirtant en couple ou à plusieurs et boivent des coups apportés sur place.
Vers le milieu de la traversée du parc, je croise Eric avec qui je partagerai encore la chambre cette nuit. Bien qu’il ronfle assez fort, notre statut unique sur le chemin nous permet de faire de belles économies en partageant des chambres doubles. Et je m’amuse, lors de la réservation, quand c’est lui qui la fait, à tour de rôle, de l’entendre insister lourdement pour s’assurer que les lits soient bien séparés 🙂

Il m’indique le chemin à suivre pour rejoindre notre hébergement et je suis bien content d’y arriver.
La dame à l’accueil est complètement stressée et la tension est palpable en cet endroit qui pourtant devrait respirer la sérénité et le calme. Il faut dire que la gestion est à présent privatisée et que, sans exagérer, ils ne seraient pas trop de deux ou trois à l’accueil. Economies, économies quand tu nous tiens.

Après avoir patienté un bon bout de temps, la pauvre dame finit par s’occuper de moi mais elle ne comprends pas que j’ai une réservation double avec mon compagnon de voyage du moment, Eric le bien nommé. Cette situation prends quand-même quelques longues minutes à éclaircir car chacune de mes explications est interrompue par la sonnerie incessante du téléphone de son bureau ou de son portable, quand ce n’est pas par son chef qui sort furibond et quasi-hurlant de son bureau à l’autre bout du couloir pour lui aboyer de nouveaux ordres et autres instructions, sans le moindre ménagement. Quelle tristesse.
Enfin, la situation se clarifie, elle retrouve notre réservation dans son ordinateur et m’indique l’endroit de la chambre, dans un autre bâtiment et je m’y rends. Ce dernier est fermé et bien que je profite de son ouverture par un autre occupant qui en sortait, la chambre l’est tout autant, fermée, évidemment. Retour à l’accueil et re-attente d’une fenêtre de temps de la part de la pauvre dame, toujours aussi sollicitée. Elle m’explique alors que c’est normal que ce soit fermé, qu’il n’y à qu’une seule clé et que ce doit être mon « copain » qui l’a sur lui. Merci madame.
Je tente donc de contacter Eric une fois, deux fois, dix fois, sms et messages vocaux restent sans réponse. Le « copain » n’est visiblement et décidément attentif à son portable que le soir au cours de ses interminables parties de Candy-Crush nocturnes 🙂
Je ne sais pas où il est, la ville est grande et je n’ai pas envie d’y retourner chargé de mon sac pour le chercher.
Il finit par répondre, sans comprendre ce que je lui veux avec cette histoire de clé qu’il doit avoir sur lui.
Révélation après quelques échange de messages. Il est stupéfait que je n’aie pas de clé pour accéder à notre chambre et fini par comprendre qu’il doit venir me la rapporter pour m’ouvrir 🙂

Tout va bien mieux (souvent pour ne pas dire toujours) après une bonne douche et là je peux me lancer dans la visite de la ville qui est décidément fort belle et regorge de beaux bâtiments religieux ou non.
La circulation et le bruit m’abrutissent un peu, c’est le cas à chaque fois que je rentre dans une ville, désormais. Je sens bien que mon corps est dorénavant bien reconnecté avec son élément, comme une terrible évidence, la nature, sa nature.

Re-croisé Eric en ville ce qui nous à donné l’idée de partager une bonne bière, tiens. Mais pas trop longtemps car le repas est servi à heure fixe et il n’est pas possible d’être en retard.

Une fois arrivés dans le réfectoire, une grande table à été dressée pour nous et quelle ne fut pas ma surprise de retrouver Luc déjà croisé à Vezelay. Il devait pourtant partir un ou deux jours après moi, je suis donc assez stupéfait de le voir ici. Il m’explique qu’il ne fait pas son pèlerinage exclusivement à pied (desquels il souffre visiblement beaucoup) mais se fait parfois transporter en bus. Ceci explique cela 🙂

Le repas, simple mais délicieux, est un nouveau très bon moment de partage et d’échange, de rires et de bons souvenirs, heureux que nous sommes de nous retrouver et de nous serrer un peu à table pour accueillir Luc qui avait été installé seul à une table. Rien que ce changement à fortement perturbé la dame qui nous servait. Visiblement le personnel n’a pas la vie facile ici et les tensions sont parfois marquées. C’est regrettable je trouve.

Bref, une fois le repas prit et alors que certains membres de la tablée émettent l’envie d’aller rendre visite à Sainte Bernadette, je décline leur invitation, préférant m’y rendre le lendemain matin, seul, et aller me reposer ce soir.

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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3 comments for “Jour 33 – De Premery à Nevers

  1. Daniel
    16 janvier 2018 at 19 h 32 min

    bonsoir olivier sur la dernière photo à Nevers le monsieur en noir qui est retourné avec sont épouse à sa droite nous les avons eus à st ferme au gites et ils nous avais parler de toi en bon terme comme toujours Daniel

    • Le Pèlerin en herbe
      17 janvier 2018 at 17 h 40 min

      Bonsoir Daniel,
      Ouiiii c’est juste, tu me l’avais dit !
      Ils font le chemin par petits tronçons.
      J’ai oublié leur prénoms mais c’était une très belle rencontre également.
      Merci pour ton message, cher Daniel
      A bientôt
      Olivier

  2. Fernande
    31 mai 2016 at 20 h 13 min

    Voilà donc l’explication !

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