Jour 31 – De Anthiens à Saint-Reverien

 

 

Trente et unième jour – Lundi 6 avril 2015
Parcours :  28 km, longs pas très faciles
Hébergement : Gîte municipal (10€)


 

 

« Aimer un étranger comme soi-même, cela suppose qu’on s’aime d’abord comme un étranger. » – Simone Weil

Départ bien tôt ce matin vu la taille de l’étape, un peu longue pour moi actuellement encore.
Distrait je me suis trompé en partant ce qui m’a fait faire, je pense, deux ou trois kilomètres de plus que j’ai parcourus en râlant. Sois attentif aux balises, Olivier, et ça ira mieux 🙂

Une fois remis sur le bon chemin, j’ai suivi le canal de l’Yonne pendant quelque temps, ça change et ce n’est pas sans me rappeler les longues lignes droites juste avant d’arriver à Troyes, tiens.

Petite pause à Corbigny ou je croise un curieux individu habillé en parfait pèlerin, chapeau, cape, bourdon, nombreuses coquilles et même la barbe. Il me demande comment il peut se rendre à une vingtaine de kilomètres de là car il est arrivé ici en stop ce matin et voudrait aller plus loin.
Désolé mon gars mais, comme toi, je ne suis pas du coin et je ne connais pas les moyens de transports autres que mes pieds depuis quelques semaines et pour celles à venir, en principe.
Il semble en plein forme, bien propre et je ne comprends pas bien sa démarche qu’il tente pourtant de m’expliquer dans le détail. Un gars assez original somme toute, j’imagine que ce ne sera pas le dernier 😉

Le soleil est de la partie aujourd’hui. Il chauffe bien, même.
Je me suis promis de recommencer à marcher avec mon pantalon long dès demain.
Ce sera certes un peu moins confortable et un poil moins agréable mais je n’ai pas envie du tout de me retrouver tout gercé comme je l’ai été avant Reims. L’irritation se fait d’ailleurs déjà ressentir quelque peu depuis hier en fin de journée. Gaffe!

Peu avant d’arriver à l’étape, le chemin passe par le fond de prairies et est partiellement inondé!
Pas chouette et vraiment pas évident de négocier le passage sans m’étaler de tout mon long dans cet espèce de marécage, ce qui à d’ailleurs failli se produire une ou deux fois.

Enfin le chemin remonte et j’en sors, juste à l’entrée de St-Reverien, il est temps.
Mes bottines sont trempées, couvertes de boue mais heureusement toujours bien sèches à l’intérieur.

Arrivé sur la place de la mairie, deux pèlerins sont déjà présents. Dont Helmut, le ronfleur fou croisé à Vezelay.
Découverte du dortoir : deux lits superposés!
Il y à comme un problème, là, car ayant posé la question dans mon meilleur (hum) allemand, Helmut me confirme qu’il y est déjà installé avec une autre personne.
Tout s’éclairci bien vite avec l’arrivée de l’ancien maire qui se décarcasse vraiment pour accueillir au mieux les pèlerins. Plusieurs lits de camp ont été installés dans la grande salle à l’arrière de la mairie et il se met en quatre pour nous.
Cela fait beaucoup de bien d’être reçu comme cela. Il à même mis le chauffage pulsé en route afin que nous soyons au mieux pour la soirée.

En plus de cela, je découvre le summum de la confiance : une petite épicerie est installée dans le minuscule dortoir d’origine à deux lits, que j’ai découvert à l’arrivée.
Les prix (très modiques) sont indiqués sur chaque emballage, il nous est demandé d’indiquer dans un carnet ce que nous prenons et d’en mentionner le montant ainsi que le total, de déposer celui-ci dans la caisse qui est juste à côté et, le cas échéant, de nous rendre la monnaie.

Je suis stupéfait de tant de confiance.
D’ailleurs un compagnon de route demande à l’ancien maire si il n’à jamais eu de vols.
-« Bah j’ai été volé une fois ou deux, mais je fais confiance et cela se passe très bien en général ».

Pas de doute, là, je navigue dans un autre monde…

Une fois la douche prise, la lessive mise à sécher, nous prenons un petit apéro au soleil de fin de journée, devant les marches du bâtiment ou viennent nous visiter quelques gentils chats du voisinage, guettant l’une ou l’autre friandise et caresse.
Ensuite le repas s’organise dans la cuisine.
Certains sont plein de bonne volonté mais avouent que même faire cuire des pâtes n’est pas évident pour eux, alors la solidarité s’installe (et surtout l’envie de manger correctement) ainsi qu’une répartition différente des tâches…

Repas à la bonne franquette, animé et convivial autour de la grande table avant de tout remettre en ordre, c’est bien la moindre des choses.
Dehors le soir tombe assez rapidement et le vent qui s’est levé et se fraye un passage entre les bâtiments n’est vraiment pas chaud.
Je suis content de rentrer dans la tiédeur de notre dortoir et de m’installer dans mon sac de couchage pour la nuit.

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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4 comments for “Jour 31 – De Anthiens à Saint-Reverien

  1. Pierre
    27 mai 2016 at 19 h 03 min

    Bonsoir Pélerin,
    Pour ce qui est de cette confiance que vous évoquez, elle se pratique (pratiquait?) souvent dans les pays nordiques où des denrées étaient déposées à la vente en bordure des routes et chemins. Le passant se servait, payait le prix indiqué, et reprenait sa monnaie si nécessaire. Je suis le récit de votre marche depuis le début… respect, admiration! 🙂

    • Le Pèlerin en herbe
      30 mai 2016 at 9 h 43 min

      Waw! Impressionnant en effet!
      J’en avais déjà entendu parler mais pas sur notre continent.
      Merci pour ce chouette retour d’expérience, Pierre 😉

  2. Fernande
    27 mai 2016 at 16 h 16 min

    Je suis comme toi curieuse de connaître la démarche de cet original !

    • Le Pèlerin en herbe
      30 mai 2016 at 9 h 44 min

      Je l’ai re-croisé plus tard, Fernande et je reviendrai sur lui un peu plus loin 🙂

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