Jour 03 – De Leffe à Hastière

 

Troisième jour – Lundi 9 mars 2015
Parcours : 14km, faciles.
Hébergement : Mr Petit, Domaine du Bonsoy (15€)


 

 

« Si tu aimes, il faut partir » – Blaise Cendars

Après avoir pris le petit-déjeuner (je m’entraîne car la France approche) en communauté, avoir salué et remercié le père Bruno qui a vigoureusement estampillé nos crédentiales, nous voici entrant dans Dinant.

Très peu de touristes au vu de la saison et de l’heure relativement matinale de la journée.

Inutile de nous presser car l’étape n’est pas bien longue et ne sera pas difficile, il est en effet prévu de longer la Meuse jusque Hastière.

Nous en profitons donc pour nous arrêter dans le Tea-Room que nous aimons bien et que nous avions découvert lors d’une de nos marches de préparation autour de Dinant. Complément au déjeuner que nous venons de prendre, tout va bien, autant se faire plaisir 🙂

Nous quittons ensuite Dinant pour longer la Meuse et ses premières coquilles officielles, autocollantes, bleue et jaune.

Bien que le parcours ne comporte aucune difficulté j’ai quand-même une appréhension pour le passage face au château de Freyr. Il s’agit de la variante « facile » du GR sur lequel est basé la via mosana mais ce passage bétonné passe à flanc de rocher très incliné vers la Meuse d’un côté et la dite Meuse de l’autre. Vous pourrez le voir sur les photos 3 et 4, ci-dessous. En temps normal ce passage se fait à sec mais étant donné la saison et la hauteur du fleuve, sait-on jamais. On verra bien, au pire nous ferons demi-tour et pourrons escalader le versant pour redescendre de l’autre côté.

En chemin nous croisons quelques alpinistes, nombreux en cet endroit de la vallée, réputée pour ses couloirs de progression et d’entraînement. L’un d’eux, suspendu dans le vide à quelques mètres du sol, remarque ma coquille et une nouvelle conversation s’engage.

Arrive enfin le passage source de mon inquiétude, mais tout va bien, le niveau est normal et l’eau est calme. Il ne faut toutefois pas faire le mariole avec le centre de gravité déplacé par la présence du sac à dos. Impossible de planter le bourdon dans l’eau ni de s’accrocher à la paroi. Faisons gaffe, progressons avec prudence, ce serait bête de voler à l’eau après deux jours de marche (et même ensuite) et de tremper toutes les affaires.

Tout se passe bien et en y allant mollo nous franchissons l’obstacle sans peine, heureux d’avoir pu éviter le détour de la fameuse montée et descente peu évidente. Si il est possible de faire autrement, pas la peine de s’esquinter et de prendre des risques inutiles.

L’heure du dîner approche et toujours en bord de Meuse nous trouvons un joli petit endroit, une bute dans une prairie baignée de soleil sur laquelle nous nous installons pour manger. Ce moment est déjà, lui aussi, un beau souvenir.

Ensuite nous continuons notre progression en bord de Meuse pour rejoindre Hastière et notre hôte du jour.

Mes sentiments sont mitigés car mon épouse qui chemine avec moi depuis la maison repartira ce soir pour rentrer et reprendre le travail demain. Bien sur elle viendra me rejoindre le weekend prochain et quelques autres ensuite mais en ne marchant pas ensemble, ce ne sera plus la même chose.

Lorsque nous arrivons chez Mr Petit à Hastière dans sa toute petite maison accrochée au versant de la Meuse dans le domaine du Bonsoy, son accueil est formidable.
Ancien pèlerin lui-même et habitué à en accueillir il sait parfaitement ce qui fait du bien et ce qui fait plaisir en arrivant.
Après avoir pris une douche qui a inondé sa cuisine toute proche et bien qu’il s’y attendait, je suis confus du raz-de-marée provoqué, même en ayant fait vite. Il confirme qu’elle a bien un sérieux problème et qu’il faudra faire quelque chose 🙂

Il nous a préparé un délicieux repas que nous dégustons au coin du feu, dans une ambiance cosy, chaleureuse et très conviviale. Un grand beau moment que celui-ci aussi.

Vient alors le moment de rejoindre la voiture de ma petite femme et de se dire au revoir pour quelques jours.

Me voici bel et bien en chemin tout seul cette fois.

Nouvelle sensation. Nouveaux sentiments. Nouvelle expérience.

Je ne tarde pas à installer mon couchage car n’ayant plus de chambre à disposition, et comme convenu, je passerai la nuit dans le canapé, très confortable au demeurant.

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8 comments for “Jour 03 – De Leffe à Hastière

  1. Luc
    11 mars 2016 at 20 h 42 min

    Si j’avais eu vent de Monsieur Petit, peut-être n’aurais-je pas dormi sous tente dans le jardin du presbytère désaffecté… Ou pas !
    Il devait en être ainsi, c’était probablement écrit. Nous avons parcouru le même Chemin, mais nous n’avons forcément fait le même Chemin ! Et c’est tout ce qui fait la richesse de notre rencontre… 😉

    • Le Pèlerin en herbe
      14 mars 2016 at 16 h 29 min

      Je dirais même plus : c’est ce qui fait la richesse de chaque chemin, de chaque individu… 😉

  2. leon pratte
    10 mars 2016 at 19 h 11 min

    j’adore vous lire , car cela me remet dans mon périple de 2012 , merci beaucoup moi aussi je suis du quebec

    • Le Pèlerin en herbe
      11 mars 2016 at 14 h 11 min

      Merci Léon, ça me touche beaucoup!
      Avec grand plaisir et je suis vraiment honoré d’être suivi jusqu’au Quebec et très heureux de pouvoir faire revivre vos souvenirs 😉

  3. Patrick Lavarélo
    10 mars 2016 at 14 h 26 min

    Toujours heureux de suivre ton aventure, une petite réflexion, tu emplois le mot dîner à midi, en France c’est déjeuner dîner c’est le repas du soir, ne te fâches pas de cette remarque, c’était jusque comme cela ou sinon sur google il y a le dictionnaire Franco/Belge, plaisanterie bien, j’attends la suite avec impatience

    • Le Pèlerin en herbe
      11 mars 2016 at 14 h 10 min

      Merci Patrick!
      Haaaa je me demandais qui relèverait cette différence voulue, d’autant que j’insiste sur le « petit déjeuner », justement! 🙂
      Je m’applique pour la suite qui arrive, petit à petit…

      • Luc
        11 mars 2016 at 17 h 55 min

        Tiens bon, mon ami, on résistera à l’envahisseur ! lol
        On ne s’est pas battu à travers toute la France et par delà l’Espagne, pendant des semaines et des mois, à leur expliquer que le matin, on enlève le jeune de la nuit, et que donc on dé-jeune, et que le soir, du temps de nos grands-parents, on buvait de la soupe, d’où le terme souper ! Petit-déjeuner est une aberration !!!! Nomdidju… Ptdrrrrrr

        • Le Pèlerin en herbe
          14 mars 2016 at 16 h 27 min

          Hahaha, sacré Luc! 😀
          Bah de mon côté, ça n’a pas d’importance, je m’adapte au pays que je traverse et le reste ne préoccupe guère 😉

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