Jour 25 – De Saint-Cyr-les-Colons à Arcy-sur-Cure

 

 

Vingt-cinquième jour – Mardi 31 mars 2015
Parcours :  21,6 km, faciles
Hébergement : Mme Treheu (35€, Top!)


 

 

« Marcher…
Marcher : se mettre en route et laisser le rythme des pas inscrire un espace nouveau dans nos vies parfois éreintantes.
Marcher : laisser le silence et le calme ouvrir nos esprits et nos coeurs à l’écoute du meilleur de nous-mêmes, à l’écoute d’un Autre.
Marcher : respirer la terre et le ciel, et goûter la saveur d’un essentiel retrouvé, d’une unité recréée dans la simplicité de ce qui est.
Marcher : réalité qui laisse pressentir le mouvement même de la vie. Il suffit de si peu, et nous sommes tellement encombrés… »
 – Soeur Monique Gugenberger

Alors que je rangeais mes affaires ce matin, je m’aperçois que la déchirure  au pied de mon drap de sac s’est bien agrandie. Il est en soie, bien fin, léger et très confortable mais visiblement assez fragile.
En prenant mon déjeuner je discute avec Mme Jacquotte qui m’explique que toute la décoration du gîte vient d’elle et qu’elle à également cousu les tentures aux fenêtres ainsi que celles qui masquent la petite  épicerie.

-« Ha zut, si j’avais su je vous aurais demandé hier soir si il était possible de recoudre mon drap de sac que j’ai déchiré »
-« Donnez-le moi, ma machine est justement sortie, je vais vous faire cela. Vous avez bien un quart d’heure quand-même ? »

C’est parfait, une fois de plus les choses s’arrangent à merveille. Bien que cela ne soit pas grave une petite couture bien réalisée par une experte évitera que je ne réduise en miettes ce précieux accessoire 😉

Lorsqu’elle revient, elle m’explique, désolée, qu’elle n’avait plus de fil de la même couleur et que donc ça se voit.
Pensez-vous! Quelle importance! C’est vraiment parfait.
Elle à même fait mieux : elle à renforcé tous les bords pour que je ne sois plus embêté. Le top.

Après avoir remercié plusieurs fois Mme Jacquotte, je démarre sous la pluie et le vent, mais en pleine forme et avec un moral qui remonte bien.
Il n’y à rien à faire, quelques rencontres avec des personnes agréables et l’un ou l’autre endroit accueillant, et ça repart!

Le parcours n’est pas extraordinaire mais ça avance facilement. Sur un chemin forestier je suis intrigué par une ligne qui ondule sur le sol : ce sont des dizaines de chenilles velues qui se tiennent les unes aux autres et qui crapahutent d’un côté à l’autre. C’est assez impressionnant, je n’ai jamais vu cela.

A la mi-journée, je m’arrête tout près de la fontaine sur la petite place de Cravant, très joli petit village, assez vivant.
Je me suis abrité du vent et de quelques gouttes résiduelles sous un auvent en bois qui borde la charmante placette.
Alors que je casse la graine, une chatte qui attend des petits vient me rendre une petite visite. Elle ronronne bruyamment et cherche les câlins. Et peut-être aussi à partager quelques bouts de mon sandwich 🙂

L’eau de la fontaine est vraiment bonne, fraîche et me change de celle que je transporte dans mon sac à longueur de journée et qui, malgré tout, fini par prendre quelque peu le gout de la poche.

Le temps se dégage et je me sens vraiment bien en cet après-midi.
Approcher de Vezelay est une chose particulière.
Nous y sommes déjà allés à deux reprises lors de vacances en Bourgogne et cela m’avait laissé un souvenir marquant.
A pied, c’est vraiment terrible et indescriptible!
Une sorte de magnétisme, déjà. Je n’ose imaginer ce qui se passera dans quelques semaines. D’ailleurs je n’y pense pas. Je vis au quotidien maintenant et cela me convient parfaitement. De toute façon la marche, le rythme des pas et cette vie bien souvent en pleine nature n’appelle rien d’autre que le moment présent. Et toute son intensité.
Demain j’arrive à Vezelay.
Cela me parait irréel, presque impossible.
Je ne réalise pas encore vraiment tant y arriver à pied est totalement différent que d’y parvenir en voiture ou tout autre moyen rapide et moderne. J’ai plutôt la nette impression de me préparer à arriver ailleurs, dans une ville que je connais pourtant déjà mais qui sera autre.

En attendant je traverse Accolay et suis surpris par la curieuse sculpture moderne à l’entrée du village au passé verrier. Vraiment très originale. Ce qui me surprend également ce sont les précieuses informations affichées avant d’y arriver et destinées aux marcheurs. Épicerie et ses horaires, point d’eau, hébergement, tout y est. Merci la mairie pour cette attention trop rarement rencontrée.

Je continue en longeant la Cure sur un sentier qui la surplombe bien souvent sous un vaste couvert boisé en lisière de forêt. Un peu plus loin, j’entend que l’on travaille sur une charpente et découvre au travers des branches pas encore très feuillues une magnifique abbaye en cours de restauration. Il s’agit de l’Abbaye de Reigny actuellement propriété privée et en plein rénovation avec beaucoup de goût et de savoir faire, visiblement.

L’arrivée à l’étape est à présent toute proche. Arcy-sur-Cure est un charmant village, mon hôte et mon hébergement du jour ne le sont pas moins. L’accueil chaleureux de Mme Treheu habituée à recevoir les pèlerins et grande passionnée de Vezelay est vraiment exceptionnel lui aussi.
Une grande chambre avec plusieurs lits, lumineuse et confortable, avec une salle de bains qui l’est tout autant, voilà qui est plaisant.
Le ressenti dans la maison est vraiment particulier. Paisible et reposant.

Après la douche et la lessive, je passe un bon et très agréable moment à discuter avec mon hôte qui me détaille sa véritable passion pour Vezelay, toute proche. Elle fait d’ailleurs partie de l’association et y semble très active. C’est un plaisir d’en discuter avec elle.
Vient ensuite le délicieux repas préparé avec soin et attention, au cours duquel nous continuons cette discussion enrichissante.

Faire étape ici me donne vraiment le sentiment de passer par une sorte de sas, un palier à franchir absolument avant de pouvoir accéder à Vezelay, pas trop vite, en prenant le temps de bien m’imprégner de cette atmosphère si particulière qui commence déjà à se faire sentir.

 

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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2 comments for “Jour 25 – De Saint-Cyr-les-Colons à Arcy-sur-Cure

  1. Henri de Fontenay
    22 juin 2018 at 8 h 18 min

    Bonjour Olivier,
    En effet Vezelay approche, non c’est toi qui en appoche. Je vois que le moral remonte, c’est bien.
    La chenille processionnaire, j’en ai aussi croisé, mais dans les Landes. Voici ce qu’en dit Wikipédia:
    « La Processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est une espèce de lépidoptères (papillons) de la famille des Notodontidae, surtout connue pour ses chenilles. Nommées d’après leur mode de déplacement en file indienne, celles-ci se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pins, provoquant un affaiblissement important des arbres et des allergies chez certaines personnes exposées aux soies des chenilles.
    Par rapport à d’autres déprédateurs, la chenille n’est que peu dangereuse pour l’arbre qui ne va généralement que diminuer ses cernes de croissances, par contre elle est source de problèmes pour l’homme et probablement divers animaux. En effet ces chenilles, comme celles de quelques autres espèces de lépidoptères, possèdent (chez cette espèce uniquement au troisième stade larvaire, un mois et demi après l’éclosion) sur la face dorsale un « appareil urticant » composé de « micropoils » qui sont projetés en l’air lorsque la chenille se sent menacée. Cet appareil est formé de petites poches parfois dénommées « miroirs » qui contiennent un très grand nombre de minuscules dards (micropoils) empoisonnés ; leur caractère fortement urticant est dû au fait que le poil en se cassant dans l’organisme y libère une toxine, une protéine urticante, produite par une glande spécialisée au cours de son développement larvaire qui peut provoquer d’importantes réactions allergiques (mains, cou, visage) mais aussi des troubles oculaires ou respiratoires. Les atteintes à l’œil peuvent avoir d’importantes conséquences si les poils ne sont pas rapidement enlevés. Il est dangereux de manipuler un nid même vide. »
    Voilà, Merci mon cher Olivier pour ton récit toujours aussi vivant et plein de conseils pour ceux qui te suivront avec les étapes à privilégier ou à éviter.
    A Bientôt
    Henri

    • Le Pèlerin en herbe
      24 juin 2018 at 9 h 01 min

      Bonjour Henri (ou maître Capello) 🙂
      …et grand merci à toi pour cette explication détaillée des risques et dangers de ces chenilles croisées régulièrement en chemin.
      A bientôt,
      Olivier.

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