Jour 02 – De Ciney à Leffe (Dinant)

08-03-15

 

Deuxième jour – Dimanche 8 mars 2015
Parcours : 19,5 km, faciles mais pas que
Hébergement : Abbaye de Leffe (via mosana) – Donativo


 

 

« Sommes-nous nés, vraiment, nous qui claudiquons, nous qui errons sous le soleil tout grisé d’ombres, de questions, nous, toujours en affres d’inconnu…Sommes-nous nés? » – Sylvie Germain

Premières hésitations.
Ha ben oui, il faut prendre ses repères, déjà hier soir en sortant mes affaires du sac ça a été quelque chose, j’ai tout éparpillé, ne rien égarer surtout, enfin apprendre ces gestes que je vais répéter des dizaines de fois, l’éparpillement en moins, peut-être 🙂

Voilà, c’est le premier jour vraiment en dehors de la maison.

Penser à certaines choses encore inhabituelles, comme le pique-nique du midi, s’orienter correctement car je ne suis pas encore sur une voie dite « officielle » mais bien celle que j’ai tracée moi-même pour rejoindre la « via mosana » que je devrais atteindre cette après-midi, à l’étape.

Alors on tournicote un peu dans les rues pour trouver une boulangerie qui fasse des sandwiches, déjà je regarde les gens différemment que lorsque je suis dans cette ville, en « civil ».

Je ne me sens pas perdu du tout, juste à une autre place, un peu comme si j’avais fait un pas dans une autre dimension.

Il fait très beau, sec, un grand soleil, une belle lumière.

J’ai vraiment le sentiment de vivre quelque chose d’exceptionnel, déjà.
Je n’ai jamais ressenti cela auparavant, c’est un sentiment d’appel, je l’ai déjà écrit, une sorte de chose évidente.
Je dois être là à ce moment précis et faire, enfin entamer, ce que je suis occupé à entreprendre.
Cette longue marche physique tout d’abord, et pour le reste je verrai bien.

J’ai donc tracé tout droit cet itinéraire pour aller de Ciney à Dinant.

Pas super folichon. Beaucoup de routes, heureusement nous sommes dimanche et il y à peu de circulation.

Peu de dénivelés également.

Un chien un peu étrange a quitté sa maison en nous voyant passer à l’entrée de Sovet et nous a suivi/précédé jusque l’entrée de Thynes, soit un peu plus de cinq kilomètres. Il courrait un peu partout, parfois au devant de voitures ou de motos qui nous faisaient des signes pour nous dire de tenir notre chien…Pas moyen de leur faire comprendre qu’il n’était pas à nous et ne voulait rien entendre de notre part. Il voulait juste nous suivre. Arrivés à l’endroit où nous avions prévu de nous arrêter pour manger, à Thynes, le voilà qui entre dans une maison alors que les propriétaires bricolaient une vielle moto et une 2cv devant chez eux.
« Désolé, mais ce n’est pas notre chien, il ne nous écoute pas! Il nous suit depuis l’entrée de Sovet, nous pensions qu’il ferait demi-tour à la sortie du village mais on a rien pu faire, il a continué avec nous »
« Ce n’est pas grave », dit la dame, je vais aller le reconduire…
Nous mangeons notre sandwich non loin de chez eux lorsqu’elle revient et nous raconte que les propriétaires ne l’ont même pas remerciée d’avoir ramené leur chien!
« Ça lui arrive souvent » ont ils juste dit! Étrange…

Le repas léger avalé, une petite pause et nous reprenons la route pour très vite suivre le val de Lisogne qui doit nous mener à la destination du jour. Suivre le tracé sinueux longeant les méandres de la rivière est vraiment très agréable, mais long je trouve. La route étroite tourne, retourne et on a l’impression que ça n’en finira jamais.
Toute cette asphalte et mon sac un peu lourd me sont assez difficile mais il n’y a pas le choix de faire plus court pour aujourd’hui. C’est l’itinéraire le plus direct depuis la maison pour rejoindre la via mosana.

Ma petite femme tient bon, mais je vois bien que ce n’est pas facile pour elle non plus. De plus elle me dit avoir mal à un pied et suspecte une cloche, chose qu’elle n’a jamais eu auparavant lors de nos préparations.

Et, enfin, au détour d’un dernier virage, nous apercevons le panneau annonçant la localité. Nous sommes presque arrivés.
C’est fou comme le soleil chauffe déjà bien, même en cette fin d’après-midi. Bien sur nous venons de marcher un bout de temps, mais il chauffe déjà, l’astre du jour.

Et nous voici arrivés à Leffe, juste devant l’Abbaye. Je suis content de l’itinéraire que j’ai trouvé et que nous avons suivi car ça a bien fonctionné.
Bon ce n’est pas le tout d’arriver, il faut tout d’abord faire les étirements, puis gouter la spécialité locale et ne pas arriver trop tard pour notre rendez-vous.

Une bonne petite Leffe blonde avec un petit morceau de fromage, voilà qui remet d’aplomb.
C’est fou comme la bière (et j’aurai l’occasion de l’expérimenter souvent plus tard) permet de rapidement oublier les courbatures et autres douleurs articulaires…enfin le temps de la déguster du moins 🙂

Allez, plus que 100 mètres à faire et nous sommes arrivés.
Devant la porte de l’accueil que le père m’a indiquée lors de la réservation nous sonnons.
Une fois, 10 fois, 30 fois.
Rien. Personne.
Visite de l’église, limitée au narthex par une grille, et pas moyen d’apercevoir qui que ce soit…
Bizarre.
Je décide de laisser ma petite femme à l’entrée de l’église et d’appeler si elle voit quelqu’un pendant que je retourne tambouriner à la porte de l’accueil.
Cela dure 45 minutes avant que je ne vois passer quelqu’un par les vitraux sur lesquels il vaut mieux ne pas frapper trop fort. Un visage souriant mais inquiet vient m’ouvrir. Étonnement de la part de la retraitante qui me demande d’être discret car elle ne peut normalement pas ouvrir cette porte. Je vais rechercher ma petite femme pendant que la dame appelle le père de l’accueil…qui arrive bien vite cette fois.
Il lève les bras au ciel : « Mon Dieu, je vous avais oublié et pourtant on m’avait prévenu !! Comme je suis désolé !! Excusez-moi !! »
Le père Bruno est une crème, d’une gentillesse et d’une sincérité à vous faire oublier instantanément l’attente, l’inquiétude et même les douleurs de la journée tiens, tant qu’à faire 🙂

On nous montre notre chambre-dortoir aménagée pour les pèlerins. C’est simple, quelques lits dans la classe d’une ancienne école, un petit lavabo sans eau chaude, pas de douches et de vieux cabinets d’école au rez-de-chaussée.
Un super souvenir déjà que cet endroit.

Je suis malheureusement arrivé trop tard pour l’office du soir, il avait déjà commencé et je n’ai pas voulu déranger.

Nous avons ensuite pris le repas en commun avec les retraitants dans une ambiance un peu particulière, et toute nouvelle pour nous, c’est très clair.

 

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3 comments for “Jour 02 – De Ciney à Leffe (Dinant)

  1. nenette de la marche
    13 mars 2016 at 20 h 47 min

    Souvenirs souvenirs…

  2. Laurent
    2 mars 2016 at 18 h 18 min

    Je vous lis pendant une tempête de neige et de blizzard ici au Québec
    et je marche dans la tête…
    Merci Olivier

    • Le Pèlerin en herbe
      4 mars 2016 at 16 h 48 min

      Bonjour Laurent,
      Merci beaucoup pour votre commentaire, je vais continuer à partager ce périple avec beaucoup de plaisir en tout cas.
      La vraie météo que vous décrivez dans votre beau pays me fait rêver également!
      Merci aussi Laurent 🙂

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