Jour 18 – De Sezanne à Bagneux

 

 

Dix-huitième jour – Mardi 24 mars 2015
Parcours : 26,5 km, assez faciles mais monotones
Hébergement : Mr et Mme Benoist (30€)


 

 

« Dans mon désert intérieur, c’est la sécheresse, le dénuement et la soif, mais tout est grâce et l’on ne voudrait pas être ailleurs. » – Geneviève de Gaulle Anthonioz

Départ vers 9h après avoir partagé le déjeuner avec les pensionnaires du Foyer, salué une dernière fois les personnes présentes et caressé Joyeux 🙂

Quelques gouttes déjà dès le début, j’ai donc décidé de protéger mon sac après y avoir rangé le pique-nique acheté dès le départ, pour le midi.
Et bien m’en à pris, car cela continue, se renforce même, après quelques kilomètres. Il à plu une bonne partie de la matinée.
Il fallait bien que cela arrive : 17 jours sans pluie au printemps, dans le ‘nord’, c’est quand-même rare 🙂

Après avoir quitté Sezanne, j’ai longé une voie ferrée désaffectée une bonne partie de la journée et de toute façon toute l’après-midi.
J’aime beaucoup cela comme endroit, je trouve que ces lieux ont beaucoup de charme, chargé d’histoire et de nostalgie d’une certaine façon. Toutefois ici avec la météo du jour, je finis par trouver le parcours monotone, d’autant qu’il est très mal balisé et il m’arrive souvent d’hésiter au moment de changer de direction.

Autre remarque du jour, et même des derniers jours, je suis littéralement à la trace un pèlerin ou devrais-je dire un marcheur-pollueur qui joue au petit Poucet en semant ses morceau de guide RP51 derrière lui.
Au début, j’ai cru que l’une ou l’autre de ces bandelettes de papier tombaient de sa poche, mais là je vois bien que c’est jeté volontairement car elles sont toutes chiffonnées et jetées très régulièrement.
Je trouve cela dégoûtant, irrespectueux et indigne de la démarche censée être accomplie.

Enfin bref 🙂
Hier soir lorsque j’ai appelé pour ma réservation à la prochaine étape, celle d’aujourd’hui, la dame était fort embêtée car cela serait difficile de m’accueillir.
Je pouvais continuer, ce qui m’allongeait fameusement l’étape du jour ou alors raccourcir mais je ne faisait presque rien aujourd’hui dans ce cas. Et puis l’endroit m’avait été chaudement recommandé par Pascal, que je remercie encore au passage et qui m’y avait précédé l’année d’avant.
J’ai dû insister quelque peu et la dame à fini par m’expliquer que si elle était si réticente c’est parce qu’elle et son mari devaient partir pour la journée et elle n’était pas certaine d’être rentrée pour m’accueillir correctement.
Je lui ai bien expliqué que je pouvais l’attendre ou décaler ma journée pour que cela fonctionne.
Elle m’a alors proposé d’arriver un peu plus tard et qu’elle ouvrirait leur garage où elle installerait une chaise pour que je puisse les attendre à l’abri et relativement confortablement. Marché conclu 🙂
J’ai donc pris mon temps. Tout mon temps. J’en ai à revendre d’ailleurs pour le moment. Mais la météo du jour est assez pourrie et finalement je n’avais qu’une seule envie, c’est d’arriver.
Une fois en vue du village, la pluie s’est arrêtée discrètement.
Je suis d’autant plus content que celle-ci à rendu la terre de type marne, bien collante et donc amoureuse de mes  bottines qui ont certainement pris 2 ou 3 kilos de lest chacune. J’exagère bien sûr mais je sens la différence quand-même.
Je change de rythme et m’aperçois que le printemps s’installe doucement, la nature commençant à offrir ses plus beaux atours en fleurissant généreusement quelques buissons.
Le temps de saisir l’instant et me voici entrant dans Bagneux, à la recherche de la ferme ou je devrais être accueilli ce soir. Je passe devant et croise une voiture de laquelle sort une dame précipitamment. Elle m’interpelle, je reviens.
Coup de bol extraordinaire ce sont mes hôtes qui rentrent justement de leur journée à l’extérieur.
Quel belle synchronisation!
Nous entrons dans la cour de la ferme et Mme Benoist me montre le garage ou elle n’avait pas installé qu’une chaise.
Loin de là!
Il y avait un panier avec un thermos de café, une bière, de l’eau, des fruits, des biscuits, des friandises, des magazines et le journal du jour pour passer le temps.
Je suis comblé par tant d’attention et de gentillesse.
Nous entrons, il fait bon, la maison est immense et encore une fois les enfants sont tous partis sauf le fils cadet qui a repris la ferme mais habite juste à côté avec son épouse et leur petit garçon tout neuf.
On m’offre un verre, on discute, l’ambiance est chaleureuse d’entrée de jeu.
Ce genre d’endroit ou l’on se sent bien dès la première seconde grâce aux personnes qui y vivent est vraiment précieux en tout temps mais encore plus lorsque l’on part loin de chez soi je trouve.

Je logerai dans une grande chambre encombrée d’une belle quantité de jouets destinés aux petits enfants quand ils sont en visite, ce qui arrive souvent me dit la dame.

Mais en attendant ce sera bien vite l’heure du repas, simple et délicieux, partagé avec mes hôtes avec lesquels je passe un excellent moment rempli de convivialité, de gentillesse et de petites attentions.

C’est la même chose avec chaque pèlerin qu’ils accueillent, personne ne reste longtemps à table le soir et je suis fidèle à la règle, pour aller m’installer dans le grand lit moelleux duquel j’entends une berceuse : la pluie est revenue et vient tambouriner sur le toit et le Velux juste au-dessus de ma tête.

 

Pour voir le diaporama, et donc les photos en grand et bien nettes, il suffit de cliquer sur la première…
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2 comments for “Jour 18 – De Sezanne à Bagneux

  1. Pierre
    28 avril 2016 at 14 h 59 min

    Bonjour,
    Votre récit est passionnant..
    Ça donne envie de le faire ce chemin, encore faut il avoir le courage de le faire, ou plutôt de l’envisager.
    Merci de votre partage.

    • Le Pèlerin en herbe
      28 avril 2016 at 15 h 44 min

      Bonjour Pierre,
      Merci pour votre message qui me fait bien plaisir!
      Vous verrez que dès que vous aurez décidé de l’entreprendre, vous serez déjà en chemin. C’est vraiment une sensation extraordinaire.
      Et nul besoin de faire des milliers de kilomètres pendant des mois pour en profiter pleinement car ce chemin est ce que vous en faites.
      Bien sur quelques jours c’est un peu court mais après quelques semaines la déconnexion est réelle et profitable je trouve.
      Et pour ce qui est du courage, hé bien ma foi, ce sont quelques pas, quelques kilomètres chaque jour et puis voilà.
      Je pense que c’est à la portée de chacun et chacune d’entre nous car quand on veut, on peut 😉
      Merci encore pour votre suivi qui m’aide beaucoup dans ce récit!
      A bientôt,
      Olivier.

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